Guillaume « Happyman Photography »

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Comment en êtes-vous arrivé à la photographie ?
Je suis arrivé à la photographie très simplement. Depuis petit, mon père possédait des appareils photo que j’aimais manier, regarder, toucher, explorer. J’ai toujours eu un appareil photo entre les mains. Avec le temps, j’ai appris à affiner mon oeil, et petit à petit je suis devenu professionnel, il y a 6-7 ans pour accompagner des artistes. Le premier artiste que j’ai accompagné en image est Patrick St Éloi.

Quel est votre parcours ?
J’ai fait des études qui n’ont rien avoir avec la photographie, puisque j’ai un vrai parcours de technicien. J’ai fait de l’informatique. J’ai un niveau d’ingénieur en informatique et des connaissances techniques. Après, pour la partie photographique, en terme d’art je pense que c’est son coeur qui fait faire de la photographie. Après autodidacte, puisqu’il y a cette notion de toujours en apprendre plus sur l’image, la comprendre, mieux l’appréhender. Et c’est parce qu’on arrive, je pense, à mieux comprendre la technique qu’on arrive mieux à exprimer ce que l’on veut en photo. Donc une partie un peu technique qui est très importante.

Pourquoi le pseudonyme Happyman ?
Happyman Photography parce que quand j’étais plus jeune j’avais une compagne qui me disait “mais toi rien ne peut t’arriver tu es toujours heureux c’est toi happyman”, j’ai toujours le sourire, tout le temps, c’est ma façon de faire face au monde, être toujours heureux. J’ai la chance d’avoir beaucoup été aimé. Je me réveille le matin, je me couche le soir, j’ai le sourire. C’est une vraie philosophie. Et Happyman c’est une approche artiste qui se veut heureuse, c’est moi tout simplement. D’un point de vue marketing “happy”, on voit déjà dans quel registre on est.

Que représente la photographie pour vous ? Que vous permet-elle d’exprimer ?
La photographie pour moi c’est un vrai bonheur. C’est un bonheur puisque c’est un métier qui me permet de mettre en valeur les autres, et grâce à ça j’ai l’impression d’avoir une petite place dans la société. Une vraie action humaine, et c’est juste extraordinaire. Elle m’a permis de rencontrer des gens que j’aimais. Ça me permet de mettre en valeur des gens qui font des choses. Je suis une espèce de porte-parole. J’essaie de faire rayonner les gens qui eux même rayonnent dans leur domaine d’activité. Je pense que j’ai vraiment de la chance qu’on me donne l’opportunité de photographier de belles choses et de belles personnes.

Comment qualifieriez-vous votre style/patte/empreinte photographique ?
Ma patte elle est fondamentalement positive, optimiste, heureuse, joyeuse, elle va vers l’avant, elle met en valeur. J’ai vraiment cette envie de faire rayonner les autres en fait. Au-delà de la photographie figurative, moi j’ai toujours envie de montrer ce qu’il y a de beau chez les autres, ce qu’ils ont au fond d’eux. Comment le faire ressortir pour que chaque personne photographiée se sente mieux en elle, c’est une vraie thérapie pour le coup la photographie, pour la personne qui se fait photographier. C’est l’acceptation de son propre corps, de sa propre image.

Quels éléments attirent votre attention lors de la prise d’un cliché ?
L’élément qui attire mon attention lors de la prise d’un cliché c’est quand je vois une personne qui est positive, un sourire, quelque chose qui brille, quelque chose qui dégage de l’émotion. Et quand je vois une émotion, j’ai envie de la capturer pour la proposer, la partager avec d’autres personnes. C’est vraiment cette notion de feeling, il y a un truc, je veux la capturer et la redonner.

Selon vous, la photographie est-elle un art inné ou praticable par tous avec un peu de technique/des cours de photographie ?
La photographie à cette force, qui fait qu’elle est accessible par tout le monde dès lors qu’on a un sens, un coeur, des yeux, on peut faire de la photographie. Après on apprend, on peaufine, on se forme, mais heureusement elle est accessible à tous. Chacun a son oeil sur ce monde et on a tous une approche différente de ce monde donc il est bien que chacun, chaque personne puisse donner son approche et son ressenti vis-à-vis des choses.

De plus en plus de photographes émergent grâce aux réseaux sociaux, notamment Instagram et Facebook, qu’en pensez-vous ?
C’est très très bien qu’il y ait de plus en plus de personnes qui fassent de l’image, sachant qu’aujourd’hui nous sommes dans la génération du scroll ( de plus en plus d’images) on va en avoir besoin de plus en plus et si on arrive à former les gens à l’oeil on va avoir des choses de plus en plus qualitatives. Il est intéressant à côté de ça qu’on forme les gens aussi à la photographie. Ne serait-ce que pour leur permettre de peaufiner ou d’affiner leur oeil.

Ce phénomène entraîne-t-il une banalisation de la photographie ?
Il n’y a pas de banalisation de la photographie. Simplement, il est important de se rendre compte de l’importance de l’image. Aujourd’hui une image c’est plus parlant qu’un écrit, il faut juste faire attention. C’est un bel outil, et comme tous les outils il y a un mode d’emploi, il y a une façon de l’utiliser. Il ne faut pas se laisser dépasser par l’importance de l’image. Donc il faut se former.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite démarrer dans la photographie ?
La chose la plus importante, à mon avis, quand on se lance dans la photographie c’est cette notion de qu’est-ce qu’on veut montrer? La chose la plus importante c’est d’avoir une intention artistique. Qu’est-ce que tu veux montrer quand tu prends ton appareil? Tu veux montrer que c’est beau, que c’est factuel, que c’est délabré, c’est une intention. Sans intention, il n’y a pas d’image. Quand on prend un appareil, il faut se demander qu’est ce qu’on veut montrer et là on donne un sens à son image.

Qu’est-ce qu’un bon photographe ?
Un bon photographe doit savoir ce qu’il veut montrer au monde. Et là où il veut aller, il sait comment il doit y aller.

Vos clichés se caractérisent par de vives couleurs, une forte empreinte traditionnelle. Quelle est la place de la culture guadeloupéenne dans votre art ?
La place de la culture guadeloupéenne elle est en moi, elle est dans mon coeur et je pense que c’est au centre même de mes préoccupations. Pour moi, c’est la mettre en valeur, elle et les gens qui la composent. On a un condensé de compétences, de beauté, des choses extraordinaires en Guadeloupe, et moi j’essaye juste de les mettre en valeur sachant que je ne suis pas né en Guadeloupe. Je suis arrivé ici un peu tard et quand vous avez connu Paris, le RER, quand vous arrivez en Guadeloupe c’est juste un paradis. Aussi, toute ma jeunesse j’ai connu la Guadeloupe par les disques, par mes parents qui faisaient du gwo ka, par kassav, et aujourd’hui j’ai cette envie de redécouvrir tout cela et d’y aller encore plus en profondeur.

Quels sont les projets à venir pour Happyman en cette rentrée 2017 ?
Un de mes projets les plus globaux et dont je suis certainement le plus fier, je suis en train de refaire l’ensemble de la banque de données d’images des Îles de Guadeloupe. Je suis un peu un ambassadeur des Îles de Guadeloupe. Ce sont des images qui vont circuler, voyager, donc je suis en train depuis quelques mois de refaire le tour de la Guadeloupe à la rencontre des paysages, des gens, des cultures, et essayer de proposer de plus en plus d’images, j’espère qualitatives, et surtout positives pour donner une image positive de la Guadeloupe.

Avez-vous d’autres passions ?
Une des passions que j’ai est ancrée dans ma culture guadeloupéenne, c’est la famille, la musique et le bien-être en Guadeloupe. Le tempo de mon existence c’est la musique. Je suis rentré dans la photo avec Patrick St Éloi et c’est un peu lui qui donne le tempo de mon existence en Guadeloupe. Donc c’est la musique, le respect et l’amour.

Qu’avez-vous appris en travaillant aux côtés de Patrick St-Éloi ?
Patrick St Éloi m’a appris à vivre de passion. Si je fais quelque chose, le faire avec passion, le faire avec coeur. Respecter les gens que je vois et le faire vraiment à fond, ne jamais faire les choses à moitié. Tu aimes quelque chose, vas-y à fond !

Quelle est la chose la plus folle que tu aimerais dire devant notre caméra ?
C’est très très dur ça comme question… la plus folle… Aimez-vous les uns les autres. Bay lanmou. C’est fou, mais c’est juste la base de la vie. Il faut qu’on s’aime plus, qu’on travaille ensemble. C’est utopique, mais c’est ça, plus d’amour !

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